THE SPACE PADLOCKS
THE SPACE PADLOCKS

Non, Toulouse n’est pas qu’un havre pour misérables groupes de ska festif, de pseudo-reggae, ou de chanson française engagée à la mord-moi le nœud. La ville rose compte même plusieurs formations pop des plus racées qui méritent vraiment des louanges. Les Space Padlocks sont de ceux-là. Pour tout dire, je les écoute de manière compulsive depuis plusieurs semaines et je ne saurais trop recommander à tout le monde de se précipiter sur leurs divers EP. De source sûre, je peux vous annoncer que le premier EP vinyle des Space Padlocks devrait sortir fin mar/ début avril sur Close Up Records (http://www.closeupprod.fr/indexFRA.php), un petit label parisien.
Il y a quelques années, j’avais eu le bonheur de découvrir les excellents Existentialists, groupe d’indie pop pyschédélique à l’esprit mod, très influencé (entre autres) par les Television Personalities, Syd Barrett et les Beatles. Je m’étais alors empressé des les interviewer dans Suckmypop version fanzine et depuis, j’ai même eu la chance de partager deux fois l’affiche avec eux, à Clermont-Ferrand ainsi qu’au Cri de la Mouette ( Toulouse) avec mon groupe ( The Wendy Darlings). Et c’est justement lors de ce (très bon concert) toulousain que j’ai également appris l’existence des Space Padlocks, dont le leader, Thibault est aussi guitariste des Existentialists. D’ailleurs Jimmy, le leader des Existentialists officie aussi comme bassiste au sein des Space Padlocks ! Vous suivez toujours?
Pour je ne sais quelle raison, je n’avais pas encore pris le temps d’écouter les Space Padlocks, jusqu’à ce que jedécouvre tous les titres publiés sur leur Bandcamp (http://thespacepadlocks.bandcamp.com/track/automatic-waterloo). Mais c’est surtout avec leur magnifique chanson de Noël « Sea of snow » (http://merrychristmasfromtoulousecity.bandcamp.com/track/sea-of-snow) et en visionnant la (parfaite) vidéo de leur incroyable tube « A question of degree » que j’ai compris qu’on avait affaire à un groupe des plus classes, tel qu’on en découvre trop rarement dans l’hexagone.

Je crois qu’il y a dans la musique des Space Padlocks une synthèse de tous les courants musicaux que je préfère. Comme ils le décrivent eux-mêmes avec humour sur leur page facebook (http://www.facebook.com/profile.php?id=665636685&ref=tn_tnmn#!/pages/The-Space-Padlocks/146835188668528) « les Space Padlocks doivent autant aux artisans pop 60’s psychédéliques préfigurant punk, post-punk et shoegazing, qu’aux artisans shoegazeurs, post-punk et punk qui sont réminiscents des 60’s pop et psychédéliques ! ». Il faut imaginer un alliage entre les Jesus and Mary Chain période Pyscho Candy, les Kinks primitifs, tout ceci avec les accents très « surf » des Shadows ou rockabilly des Cramps. On pense aussi aux productions de Billy Childish, aux Swell Maps et ou encore à Sic Alps, mais certains titres plus lents semblent aussi bien habités par l’esprit d’Ennio Morricone. Car non content d’envoyer quelques bombes punk-rockabilly, les Space Padlocks savent aussi pondre des ballades psychédéliques façon Syd Barrett très réussies ( cf . « Tonite » ou la chanson de Noël précitée), ce qui ajoute encore au mérite de ce groupe. Personnellement je vous conseille d’écouter aussi leur unique chanson en français (« Pas d’au revoir ») micro-tube d’un charme désuet, qui ravira les fans des yé-yés à la française.
La production est quant à elle lo-fi dans le meilleur sens du terme, c’est à dire brute et garage mais sans être non plus cheap, les guitares sont âpres et tranchantes, combinant la plupart du temps reverb et fuzz, et le chant sait passer des aigus aux graves avec une aisance désinvolte qui ajoute encore du cachet à l’ensemble. Vous avez donc toutes les raisons d’acquérir leurs disques au plus vite.
Vraiment ils sont très bons et une de mes priorités en 2012 sera de les voir sur scène envoyer les tubes!





